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À propos des cultures populaires

Enquête sous la direction de Jean-Claude Passeron et Claude Grignon, Cahiers du CERCOM n°1, 1985

« L’oscillation entre les deux manières de décrire une culture populaire s’observe dans la même œuvre, chez le même auteur, parce qu’elle habite toute sociologie, voire toute description romanesque un peu fouillée des choses de la vie populaire.
Il y a, bien sûr, des intégristes du dogme populiste ou du dogme misérabiliste, des systématisateurs de la vie dévote de l’intellectuel et du salut culturel des masses : moines-entomologistes consacrant leurs veilles émerveillées au répertoire des « richesses » de la culture populaire, entêtés à fermer leurs oreilles à tout bruit tentateur venu du monde de la domination symbolique ; ou prédicateurs impitoyables d’une politique des « vraies valeurs » de la vie culturelle, fustigeant, comme le péché du monde par leurs chiffres de non-fréquentation des musées, des concerts, des théâtres ou des bibliothèques, les païens non encore convertis aux délices spirituelles de la culture légitime.
Mais chez les sociologues – mesure professionnelle oblige – l’oscillation semble bien être le cas modal : tout mouvement un peu trop vif dans un sens appelle un mouvement de repentir qui se lit dans la légère exagération du recours à la théorie inverse (légitimiste ou relativiste) que la phrase descriptive s’impose comme une petite expiation énonciative de ses excès de cohérence. »

Enquête en ligne sur le site de la revue Enquête / Revues.org

Ce texte constitue la reprise de trois séances de débats consacrées aux problèmes de construction d’objet que pose à la sociologie de la culture le cas des cultures populaires (séminaire de l’École des hautes études en sciences sociales, février-mars 1982).
Ce débat a servi de base à la publication du volume Le savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature (Gallimard/Le Seuil, 1989).

 


-25 août 2010-



Culture populaire