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Des hommes entre les murs

Rencontre avec Assia Zaino, Femmes en Noir-Librairie Transit, 10 février 2017, Marseille

Femmes en Noir Marseille vous invitent à rencontrer Assia Zaino :

Que veux-tu que je te dise ? J’ai commencé à visiter les prisons en 1967, quand mon mari était détenu, et là, je suis encore dans la même situation.
Il y a eu une période où tous mes fils étaient en prison, tous. Et moi, j’allais les voir dans trois prisons différentes : dans la même journée je faisais le tour de toute la Palestine pour les voir. Parfois je ne savais pas où ils étaient, ils avaient été transférés sans que je le sache. Un jour, je les ai cherchés dans toutes les prisons de Palestine sans les trouver.
Avec la pluie et le soleil, moi je montais dans le bus et j’allais les voir, Mohammad dans la prison de al Khalil, puis Abu Ali, et enfin Sa’id à Adarim. C’était ça ma vie. Des allers et retours continus d’une prison à l’autre, d’un procès à l’autre. Et la nuit, j’étais seule avec moi-même.

Depuis plusieurs années, le village palestinien de Nabi Saleh, au nord de Ramallah, lutte contre l’occupation des terres par la colonie israélienne voisine – et fait face à une politique d’arrestations massives et constantes. Chaque famille ou presque a une « histoire de prison ».
Des mois durant, Assia Zaino a partagé la vie et le combat des habitants du village, manifestant avec eux chaque semaine sous les yeux et parfois les tirs de l’armée israélienne. Anciens prisonniers et familles de détenus lui ont raconté la place centrale qu’occupe la prison dans leurs vies, à quel point elle imprègne et organise le quotidien des Palestiniens. Mais à travers ces témoignages percent aussi les tentatives individuelles de subvertir l’expérience de la détention et de redonner du sens aux sacrifices et aux traumatismes vécus.
 
Née en Italie, Assia Zaino est venue en France pour faire un master en histoire du monde arabe à l’INALCO. Entre 2010 et 2015, elle a fait quatre séjours de plusieurs mois dans les Territoires occupés, en particulier, dans le village de Nabi Saleh.

Le mouvement Femmes en Noir est né sur une place de Jérusalem Ouest en janvier 1988, au début de la première intifada, de la rencontre de sept femmes israéliennes, parmi lesquelles la féministe et pacifiste, Hagar Roublev, malheureusement décédée depuis.

Elles ont choisi le silence et le noir pour protester contre l’occupation militaire de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, pratiquée par le gouvernement israélien. Ce choix de manifester en noir et en silence s’est inspiré des pratiques d’autres femmes dans d’autres luttes : les femmes sud-africaines contre l’Apartheid, les mères et grand-mères de la place de Mai qui, chaque semaine en Argentine, manifestent pour leurs enfants et petits-enfants disparus.

Les Femmes en Noir sont devenues un mouvement international de femmes, citoyennes du monde, de diverses nationalités. Nous organisons des sit-in, marches, et rondes silencieuses, en solidarité avec les femmes en noir israéliennes et palestiniennes, mais aussi pour protester dans nos pays contre la guerre, le militarisme, la production et le commerce des armes, les terrorismes d’Etat, le racisme et toute forme de violence injuste.

À Marseille, nous avons aussi voulu témoigner de notre solidarité avec les femmes israéliennes et palestiniennes qui manifestent depuis des années.

Le monde que nous défendons est basé sur la justice et le respect des droits des peuples, sur les plans national et international. Nous sommes convaincues qu’il est indispensable d’éradiquer la pauvreté, l’arbitraire, les injustices pour aller vers la Paix.


Vendredi 10 février 2017 à 19h
Librairie Transit
45 bd de la Libération
13001 Marseille

+ d’infos sur le site de la Librairie Transit


-10 février 2017-



Femmes / Féminisme / Genre