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Figures du ghetto. Penser, classer, administrer la pauvreté

Actes de la recherche en sciences sociales n°160, décembre 2005

"Il est paradoxal que, bien qu’elles aient fait un large usage du « ghetto » comme terme descriptif, les sciences sociales ne soient pas parvenues à en forger un concept analytique robuste.
Dans l’historiographie de la diaspora juive aux débuts de l’Europe moderne et sous le nazisme, dans la sociologie de l’expérience noire américaine au sein des métropoles du XXe siècle, et dans l’anthropologie des parias ethniques en Afrique et en Asie orientale, ses trois domaines traditionnels d’application, le terme de « ghetto » renvoie tantôt à un secteur urbain borné, tantôt à un canevas d’institutions spécifiques à un groupe donné, tantôt à une constellation culturelle et cognitive (valeurs, symboles, façons de penser ou mentalité) impliquant l’isolement socio-moral d’une catégorie stigmatisée ainsi que l’amputation systématique de l’espace et des chances de vie de ses membres.
Mais aucun de ces courants de recherche n’a pris la peine de spécifier ce qui fait un ghetto en tant que forme sociale, lesquels de ses traits sont constitutifs et lesquels sont dérivatifs.
Ils se sont contentés, à chaque époque, de prendre comme allant de soi et d’adopter le concept indigène en cours dans la société considérée - ce qui explique que la notion, semblant transparente, ne figure point dans la plupart des dictionnaires de sciences sociales.

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La revue Actes de la recherche en sciences sociales sélectionne la production d’un vaste réseau international de chercheurs de sciences humaines et sociales, dans la perspective d’une sociologie critique des modes de domination. Ce numéro a été coordonné par Franck Poupeau, Sylvie Tissot et Loïc Wacquant.


-28 septembre 2007-



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