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Immigration : le fin mot de l’histoire

Gérard Noiriel, Vingtième Siècle, 1985

L’immigration, on le sait, excite aujourd’hui les plumes et les micros. Avec, rituellement, un couplet sur les « enseignements de l’histoire ». Clio, nous dit Gérard Noiriel, est ainsi utilisée à trop bon compte et à tout hasard. Car nos problèmes de 1985 ne sont pas si nouveaux, l’étrangeté des questions du jour a ses racines et, surtout, il faudrait oser dire que la « francisation » des immigrés ne fut pas une partie de plaisir. Les historiens ont donc leur mot à dire en cette affaire. A condition que leur histoire soit admise, comprise et entendue.

"Depuis quelques années, plusieurs facteurs permettent de penser qu’une histoire de l’immigration en France est enfin devenue possible. Les profondes mutations de la société française depuis vingt ans, mais aussi l’arrivée à l’âge adulte d’une « troisième génération » relativement nombreuse, expliquent que les intéressés commencent à pouvoir enfin parler eux-mêmes de leur histoire spécifique.
Ce n’est pas suffisant pour en produire la connaissance, mais on peut rêver d’une future collaboration qui associerait les chercheurs et ceux qui ont un savoir intime du problème. L’immigration, on le voit, peut aussi être « une chance pour l’histoire »."

Article paru dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, Année 1985, Volume 7 Numéro 7, pp. 141-150

Lire l’article sur Persée, le portail de revues scientifiques en sciences humaines et sociales (ministère de l’éducation nationale).

 

 


-19 février 2007-



Histoire de France, histoire de migrations