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La transmission de l’histoire en France à l’école au regard des questions mémorielles

Enregistrement vidéo de la conférence de Benoit Falaize, Université Laval, octobre 2011, Québec

Après plus de vingt ans de débats et de réflexions sur la place de l’histoire à l’école française, la recherche y voit plus clair sur les enjeux à la fois politiques, sociaux, tant d’un point de vue curriculaire que identitaire. Placée devant des injonctions mémorielles à dire les souffrance du passé, en même temps qu’elle doit continuer à dire une culture commune et nationale qui se cherche, l’histoire enseignée se réactualise et se redéfinit sans cesse à l’aune des débats publics qui parcourent la société française contemporaine. La question de l’« identité nationale », par exemple, est venue récemment éclairer et enrichir de manière singulière le champ mémoriel des interrogations posées à l’enseignement de l’histoire.
Ces questionnements nouveaux (depuis les années 1990 en France) s’organisent au sein d’une institution scolaire faite d’héritages administratif et pédagogique, mais ils sont aussi liés au curriculum et aux manières d’enseigner l’histoire à des élèves de 8 à 18 ans. Les questions soulevées par ce nouveau régime mémoriel doivent se lire insérées dans les interrogations qui agitent la question scolaire en France, dans ses débats qui touchent aux finalités (notamment civiques), ses moyens comme ses routines les plus quotidiennes.
Dès lors, que dire aux élèves sur l’histoire, comment dire cette histoire, comment faire passer les connaissances et les questions d’un passé renouvelé par la recherche, sont les questions centrales qui posent, en creux, voire explicitement, la question centrale de l’avenir. Un horizon d’avenir aux contours d’autant plus flous qu’il semble être pensé dans l’urgence martelée et scandée du « vivre-ensemble », expression qui fonctionne comme un antienne des prescriptions officielles, comme si l’on voulait à la fois panser le passé et prévenir l’avenir, tout en conjurant le présent de retrouver un sens, celui qu’auront à vivre et à interroger les générations à venir dans un monde global où la diversité est devenue une des notions centrales des débats. Comment faire de l’« un » avec du pluriel ? Comment dire le commun dans le monde contemporain ? Et comment redonner du sens dans la volonté affichée de poursuivre une culture de masse par un « socle commun de connaissances et de compétences » tout en s’adossant résolument aux contenus académiques les plus reconnus ?


Benoit Falaize (Université de Cergy-Pontoise) from CELAT on Vimeo.

Site du CELAT (Université Laval).


-10 juin 2013-



Histoire de l’éducation








































































Histoire et mémoires