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La tyrannie du national : le droit d’asile en Europe (1793-1993)

Ouvrage de Gérard Noiriel, Calmann-Lévy, 1991

LA TYRANNIE DU NATIONAL s’inscrit pleinement dans la continuité et la dynamique des travaux menés par Gérard Noiriel. Nommé enseignant Longwy il centre sa thèse d’histoire économique et sociale sur le monde de la sidérurgie lorraine, montrant en quoi le présent (la crise de la sidérurgie et ses effets sur ceux qui, jusque là, en vivaient) est « surdéterminé » par histoire. (Longwy immigrés et prolétaires, (1880-1980) Paris PUF, 1984).
A partir de cette « monographie » qui contenait, en pointillé, une rupture avec l’historiographie traditionnelle du monde ouvrier, il entreprend une histoire du « groupe ouvrier » dans son ensemble, intégrant l’immigration qui en constituait jusque là le point aveugle et adoptant une démarche « constructiviste ». (Les ouvriers dans la société française (XIXe-XXe siècle), Paris Seuil, 1986). Point aveugle, immigration était pensée comme un fait extérieur, marginal, venu se greffer sur une histoire ou une identité nationale achevée dès la fin du XVIIIe siècle. Dans Le Creuset français, immigration devient constitutive de la société française, et accède ainsi au statut d’objet légitime de la recherche. Recomposant le champ de histoire de immigration, Noiriel analyse celle-ci comme étroitement liée l’urbanisation, l’industrialisation et la « démocratisation » de la France. (Le Creuset français. Histoire de l’immigration, (XIXe-XXe siècles), Paris Seuil, 1988).

Note de lecture de Marie-Hélène Lechien (Politix, 1991) présentée sur le site Persée


-10 janvier 2008-



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