Imprimer la page

La volonté de non-savoir

Jean-Pierre Garnier, Revue Agone n°38-39, 2008

" Par bonheur, les œillères dogmatiques qui aveuglaient ceux qui faisaient profession de scruter le monde social mieux que d’autres sont tombées au fur et à mesure que s’effritaient les idéaux d’émancipation, atteints de plein fouet par le discrédit puis l’effondrement des régimes, des partis et des doctrines qui passaient à tort pour les incarner. Enfin libérés des grilles conceptuelles et des corsets théoriques qui bridaient leur réflexion, les chercheurs pourraient désormais s’intéresser aux « mutations » du monde urbain contemporain sans devoir pour autant porter sur elles un regard soupçonneux voire hostile devenu hors de saison.
L’ère serait donc révolue où le géographe comme l’historien, le sociologue comme l’économiste tendaient « moins à dire ce qui est que ce qu’il faut en penser ». Renouant avec la vocation de sa discipline, chacun aurait aujourd’hui pour seule préoccupation de faire connaître ce qu’il sait et non plus ce qu’il croit. Pourtant, à confronter ces proclamations et ces professions de foi aux résultats de leurs travaux, les chercheurs en sciences sociales donnent plutôt l’impression, aujourd’hui comme hier, de dire surtout ce qu’ils croient savoir. Et, chose nouvelle, de rester sciemment muets, désormais, sur ce qu’ils préfèrent ignorer. "

Article en intégralité sur le site de la revue Agone

Plan de l’article

  • Du soupçon à l’acquiescement
  • Marxisme & commande publique
  • La longue marche de la petite bourgeoisie intellectuelle dans les institutions
  • Une « classe régnante »
  • Une science du cacher
  • Nouveaux mots d’ordre
  • Nouveaux poncifs
  • Affaiblissement des luttes urbaines
  • Trajet professionnel et trajet intellectuel

Villes et résistances sociales, numéro 38-39 de la revue Agone, est intégralement en ligne


-10 juillet 2010-



Quartiers et périphéries