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Le dernier tabou. Les "harkis" restés en Algérie après l’Indépendance

Livre de Pierre Daum, Actes Sud, avril 2015

On pense en général que les harkis, ces Algériens intégrés à l’armée française pendant la guerre d’indépendance, ont soit réussi à s’enfuir en France, soit été “massacrés” en 1962. En réalité, la plupart d’entre eux n’ont pas été tués, et vivent en Algérie depuis un demi-siècle. Une réalité historique difficilement dicible en Algérie comme en France.

Pendant deux ans, Pierre Daum a parcouru des milliers de kilomètres à travers toute l’Algérie afin de retrouver les témoins de cette histoire occultée. Des témoins qui, pour la première fois de leur vie, ont accepté de parler. La soixantaine de témoignages que l’auteur a recueillis – auprès d’anciens supplétifs, mais aussi d’anciens soldats de l’armée régulière, et d’anciens civils “profrançais” – bouleversent plusieurs idées reçues des deux côtés de la Méditerranée. Que ce soit sur leur nombre (450 000), les motivations de leur engagement ou leur sort au moment de l’indépendance.

À travers ces récits de vie, on comprend que l’histoire des "harkis" (supplétifs et autres) s’inscrit au coeur d’un système colonial qui opprima le peuple algérien pendant cent trente-deux années. Aujourd’hui, un demi-siècle après la fin de l’occupation française en Algérie, ces hommes, leurs épouses et leurs enfants apparaissent comme les ultimes victimes d’un passé colonial dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées, ni en France, ni en Algérie.


Pierre Daum, Le dernier tabou. Les "harkis" restés en Algérie après l’indépendance
Avril 2015

544 pages

Site de l’éditeur

Journaliste, Pierre Daum a collaboré au Monde et à L’Express, puis est devenu le correspondant de Libération en Autriche. De retour en France en 2003, il a été correspondant de Libération en Languedoc-Roussillon jusqu’en 2008. Auteur de plusieurs livres d’enquêtes sur le passé colonial de la France, il effectue en parallèle des reportage pour Le Monde diplomatique. 
Il est notamment l’auteur de Immigrés de force (2009), livre-révélation sur les travailleurs indochinois de la Seconde Guerre mondiale, adapté au cinéma par le réalisateur franco-vietnamien Lam Lê dans Công Binh, la longue nuit indochinoise en 2013 et Ni la valise, ni le cercueil (2012), une étude sur les pieds-noirs restés en Algérie après 1962.


-4 juin 2015-



Histoire coloniale et postcoloniale
















































































































































Histoire et mémoires