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Les migrations et le mouvement ouvrier en Provence

Bulletin en ligne PROMEMO n°16, octobre 2013

Le Bulletin de Promémo n°16 d’octobre 2013, sur les migrations et le mouvement ouvrier en Provence, peut être désormais consulté librement (téléchargement ci-dessous). Ne se voulant pas exhaustif, ce numéro fait le choix de traiter essentiellement de l’industrie pour mettre en lumière les liens entre les immigrés et le mouvement ouvrier en Provence.

"Plusieurs articles offrent ainsi un aperçu des conditions de vie et de travail des immigrés dans des établissements divers. Gérard Leidet les décrit pour les industries chimiques de Septèmes entre 19e et 20e siècles. Alain Préhu évoque, pour cette période, les tripières et les boyaudières italiennes des abattoirs de Marseille et Julien Saint-Roman les ouvriers étrangers des chantiers de construction navale de La Seyne. Claude Majastre rappelle le labeur épuisant de l’usine de tuiles de la Coudourière à Six-Fours. Ces études confirment la pénibilité et la précarité du travail pour une main-d’oeuvre, alors essentiellement italienne.
La vie est encore plus rude et les difficultés sont encore plus grandes pour les femmes. À partir d’une vingtaine de témoignages de femmes d’immigration récente à La Seyne, Yolande Le Gallo signale que beaucoup d’entre elles ont pris la relève des hommes et sont devenues les piliers de la vie familiale.
Nous nous sommes surtout interrogés – le titre de ce Bulletin l’indique – sur les liens entre les immigrés et le mouvement ouvrier en Provence qui, comme chacun le sait, est parfois « effervescent ». Plusieurs contributions établissent, au fil du temps, que ces relations n’ont été ni simples ni rectilignes. Les obstacles sont multiples. René Merle, dans son analyse des grèves de 1897-1898 aux chantiers de La Seyne, Colette Drogoz dans son étude de la grève des ouvrières et ouvriers des usines de chaux et ciment de La Bédoule en 1901, mettent en évidence l’utilisation, par le patronat et les autorités, de la division entre Français et immigrés. En regard, certains représentants du mouvement ouvrier peuvent aussi jouer sur la xénophobie. C’est le cas, en 1923, de Siméon Flaissières, maire de Marseille – socialiste indépendant – dans sa fameuse déclaration à propos des Arméniens, que décortique, de manière très nuancée, Bernard Régaudiat.
Dans ce contexte, l’engagement militant des immigrés n’est pas aisé. Certains franchissent le pas, comme deux immigrés de La Seyne, l’un maghrébin, l’autre guinéen, dont Marc Cellini détaille l’itinéraire. On assiste aussi à des mobilisations collectives que favorise, à plus d’une reprise, la solidarité ouvrière. Linda Guerry montre comment s’établit, dans les années 1920, la jonction entre la Bourse du travail de Marseille et les jeunes ouvrières d’une filature, « usinecouvent », de La Capelette7. Julien Gaertner relate le soutien apporté par la CGT, le PCF et les chrétiens à la grève des travailleurs sénégalais et maghrébins de la SAMIC, à La Seyne, dans les années 1970. Janine Andréani-Boulicault porte témoignage sur la grève des ouvriers maghrébins qui construisaient, en mai 1981, le Palais du Festival à Cannes, et leur appel à l’Union locale CGT dont elle était secrétaire8. Et Patrick Hautière attire l’attention sur l’investissement de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et de l’Action catholique ouvrière (ACO) du Var dans la solidarité avec les travailleurs immigrés. (...)"


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Ne ratez pas notre conférence avec l’association Promémo sur la thématique de ce numéro :

Mardi 27 janvier 2015 à 18h30
L’R de la Mer
53, rue de la Joliette - Marseille 2e

Toutes les informations en cliquant ici.


-10 décembre 2014-



Histoire sociale et mémoire ouvrière