Imprimer la page

Les vergers de l’enfer ou l’enfer des vergers

Editorial de Vincent Geisser et sommaire de la revue Migrations Société n°129/130, mai-août 2010

A l’heure où vous recevrez cette nouvelle livraison de Migrations Société, nombreux d’entre vous seront peut-être déjà en vacances, à la mer, à la campagne ou à la montagne, en train de savourer les fruits et les légumes de saison, dont le Forum civique européen a l’insigne mérite de nous rappeler qu’ils ont tout de même un « goût amer ». En effet, depuis les émeutes racistes et sanglantes qui ont eu lieu à El Ejido (Espagne) en février 2000, personne ne peut feindre d’ignorer le sort dramatique fait aux saisonniers étrangers, déclarés ou non, qui tendent à incarner la figure du soutier du XXIe siècle, subissant des conditions d’exploitation inhumaines qui n’ont pas grand-chose à envier aux récits zoliens. C’est l’autre facette de l’Andalousie, région de mythes et de légendes : l’Alhambra ressemblerait davantage ici à Alcatraz, à un « apartheid sous plastique » , où des milliers de bras étrangers, femmes et hommes, ramassent nos fruits et légumes pour une bouchée de pain, sous des serres surchauffées, au profit des nouveaux managers européens de l’agriculture intensive.
Mais l’"enfer andalou" ne se limite pas au sud de l’Espagne. Un peu partout en Europe — et ce depuis de très nombreuses années — les grands propriétaires opèrent des recrutements massifs de main-d’œuvre étrangère bon marché, dont le statut de "saisonnier", en partie fictif, n’a d’autre but que de les maintenir dans une situation de dépendance totale à l’égard de patrons peu scrupuleux. La France n’est pas en reste, et les sages de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) ont eu à se prononcer récemment sur de nombreux abus .

 

 

 Edito complet en téléchargement

 

Sommaire de Migrations-Société Vol. 22 - n°129-130 " Mineur isolé étranger : une nouvelle figure de l’altérité " en téléchargement


-25 octobre 2010-



Migrations