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Mémoire et transmission (janvier 2013)

« Revisiter notre histoire, [...] attentat blasphématoire, comme aurait dit Freud, aux « totems » et tabous » de notre mémoire collective ? Ou nécessité vitale pour éviter quelques pièges du monde d’aujourd’hui et mieux affronter celui de demain ? » -Suzanne Citron

S’interroger sur les questions de mémoire et de transmission c’est tenter de comprendre les liens existants entre ces différentes notions mais aussi comprendre la place que la société accorde à ces questions et les rapports que chaque individu entretient avec la société dans laquelle il vit.

Comment passe-t-on de la multiplicité des expériences et des souvenirs, à l’unicité d’une mémoire dite « collective » ? Comment, non pas à l’inverse mais dans le même mouvement, une mémoire dite collective parce que portée par des groupes, partis, associations et autres porte-parole autorisés, peut-elle agir sur les représentations individuelles ?


La jeune enseignante - Jean-Baptiste-Siméon Chardin

De la transmission familiale à la construction d’une histoire commune

Selon Jérôme Jamin, politologue à l’Université de Liège, rédacteur en chef de la revue Aide-mémoire, une société ne peut exister, se représenter, se percevoir comme une entité cohérente qu’à condition d’avoir un certain nombre de significations imaginaires sociales en commun. C’est-à-dire une multitude d’éléments qui donnent du sens à notre existence, à l’existence de la collectivité, à son passé, à son avenir, à ses espoirs et à ses craintes : valeurs, normes, interdits, tabous, héros, ennemis, peurs, angoisses, vérités, mensonges, choses à faire et à ne pas faire, choses à dire et à ne pas dire. Parler de significations imaginaires, c’est parler des significations qui n’existent pas en tant que telles mais seulement dans un système symbolique auquel on donne du sens ensemble, collectivement, quotidiennement.

Une transmission discrète et fragmentaire. De l’histoire migratoire dans les familles maghrébines
Sonia Tebbakh, Temporalités, 6/7, 2007

Souvenirs de familles immigrées
Barbara Rist, Temporalités, 6/7, 2007

Histoire, mémoire et transmission
Linda Ferrer-Roca et Amanda Roblès, Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2008/1-2 (N° 89-90)

Entre occultation et valorisation

« L’immigration est dans son actualité une réalité interdite d’histoire » et cette « réduction déplorable de l’histoire » lèse d’abord les émigrés-immigrés qui non seulement se voient privés d’histoire, de leur histoire, mais aussi d’eux-mêmes : « renouer les fils de l’histoire (...) ce n’est pas simplement une nécessité d’ordre intellectuel ; c’est aujourd’hui une exigence d’ordre éthique en ce qu’elle a sa répercussion sur tous les actes de la vie quotidienne de chacun de nous, sur toutes les représentations que nous nous donnons de nous-mêmes (...). C’est une exigence qui conditionne l’intégrité de notre être, la cohérence de notre système de relation avec nous-mêmes, c’est-à-dire avec nos semblables ou nos homologues (...), avec ceux dont nous avons été séparés par le fait de l’immigration (...) et, pour finir, avec nos contemporains du même lieu, la société d’immigration (...) ». -Abdelmalek Sayad Bouchène (Histoire et recherche identitaire, 2002)

Les représentations de l’immigré dans les films français (1970-1990). Cinéma de l’exclusion, cinéma de l’intégration
Yvan Gastaut, Hommes & migrations, avril 2004

Immigrations plurielles, témoignages singuliers
Nadia Hathroubi-Safsaf, Les points sur les i Editeurs, 2012

Territoires de mémoire. L’écriture poétique à l’épreuve de la violence historique
Lucie Taïeb, Classiques Garnier, 2012

L’Algérie en France : histoire, mémoire et transmission
Seloua Luste Boulbina, Canal-U / ENS Lyon, 2006

Vies d’exil - 1954-1962 : des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie
Exposition à la CNHI, commissaires : Benjamin Stora et Linda Amiri, jusqu’au 19 mai 2013

Quels enjeux pour l’éducation ?

« Si nous traitons plus spécifiquement du bloc histoire-géographie et éducation civique, nous avions mis comme priorité après l’apprentissage de la langue, le “vivre-ensemble”. Le bloc joue un rôle important pour ce rôle. En fonction de la nécessité de ne pas perdre le lien avec le supérieur, avec l’évolution historiographique, nous pensions qu’il fallait rompre avec le roman national. Mais une rupture qui puisse être acceptée. Pas du tout au rien. » -Philippe Joutard (Comment a-t-on écrit les programmes de 2002, Aggiornamento Hist-Géo)

Enjeux de la transmission scolaire de l’histoire de l’immigration (pdf)
Benoit Falaize, Ecarts d’identité n°108, 2006

Histoire et mémoire
Laurent Wirth, Bulletin de Liaison des Professeurs d’Histoire-Géographie de l’Académie de Reims, n°26, 2002

Quand les mémoires déstabilisent l’école. Mémoire de la Shoah et enseignement
Ernst Sophie (dir.), INRP, 2008

La fabrique scolaire de l’histoire

Conférence avec Laurence de Cock et Emmanuelle Picard, ACT - AGONE, 2009

L’histoire de l’immigration à l’école de la république

Conférence de Pascal Mériaux, ACT, 2008

> Sur approches.fr, consultez les ressources liées à l’enseignement de l’histoire et l’histoire et la mémoire.


-25 janvier 2013-



Enseignement de l’histoire










































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