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Quelques interrogations sur le mot d’ordre d’« implication des familles dans l’école »

Dominique Glassman, Education et formations n°101, 1998

« S’il est possible de conclure, sur une question aussi vaste et aussi présente dans les établissements des quartiers populaires, voici ce qu’on pourrait proposer, presque sous forme de « thèses », qui restent à discuter dans le débat qui va venir :

1) Il pourrait bien être pertinent de distinguer l’ouverture aux parents et l’injonction à l’implication.

2) Les rapports entre les parents de milieux populaires et l’école sont toujours, de fait, des rapports entre des agents sociaux situés socialement dans des positions différentes, et engagés sur des trajectoires différentes aussi. Les rapports entre des instances, l’instance scolaire et l’instance familiale, sont nécessairement des rapports entre des membres de classes sociales différentes. Ils sont profondément, et parfois secrètement, modelés par les rapports de domination, à l’insu et parfois contre la volonté des agents eux-mêmes. C’est normal et c’est le contraire qui serait étonnant. Mais, dans une perspective d’action sur le terrain, il peut être utile d’en repérer les conséquences.

3) L’association volontiers opérée aujourd’hui entre échec scolaire et non-implication des parents pourrait bien n’être qu’un avatar de la thèse du « handicap socio-culturel », conduisant à rejeter en dehors de l’école les « causes » de l’échec scolaire.

4) Les familles populaires, parce qu’elles en dépendent davantage que les autres, placent un espoir important dans le service public de l’école, qui doit selon elles être le premier à assurer les charges de la réussite scolaire. »

Texte en téléchargement (pdf, 7 pages) sur le site Education prioritaire du minitère de l’Education nationale
Cette communication est issue du séminaire DEP-IREDU " Les familles et l’école : apports de la recherche, points de vue de praticiens "


-27 mai 2008-



Relations familles-école