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Retour sur enquête : ethnographie d’une ville ouvrière, Elbeuf 1980-2010

Article de Jean-François Laé et Numa Murard, Vacarme n°57, automne 2011


 


Pourquoi écrire encore sur les pauvres d’aujourd’hui ? N’a-t-on pas déjà tout dit sur la décomposition produite par le chômage et ses conséquences sur les modes de vie ? À première vue, l’histoire serait écrite. Ne subsisteraient que des faits divers sordides pour occuper la Une.


Mais qui donc peut dire quelque chose de certain ? Car lorsqu’on enquête, ce n’est jamais comme on croit que ça va être, et une fois qu’on a enquêté, ce n’est jamais comme on croyait que ça allait être. Tant qu’on ne s’est pas approché de l’expérience, qu’on n’a pas pris le risque de se parler et de se lier, on n’y voit goutte. Il n’est donc pas question de renoncer à comprendre en faisant croire qu’on a déjà compris, encore moins de céder à la nostalgie des trente années soi-disant glorieuses.


Trente ans après avoir conduit une enquête ethnographique à Elbeuf en Seine-Maritime, les sociologues Jean-François Laé et Numa Murard sont retournés à la rencontre des anciens habitants. Mais la cité d’alors a été détruite. Il n’y a plus de traces. Munis d’une seule photographie de l’époque, ils ont arpenté les quartiers populaires de la ville, suivi les traces du passé, recueilli des paroles de ceux qui étaient leurs pilotes, leurs informateurs. Avec une question banale : « comment vous êtes-vous sorti de ce relogement en 1984, qu’est-ce qui s’est passé depuis ? »



Article disponible en ligne sur le site de Vacarme.


-4 avril 2012-



Histoire sociale et mémoire ouvrière