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Théâtre : dire le présent combatif

Interview d’Olivier Neveux, Regards n°49, mars 2008

" Les années 1970 témoignent de la pluralité des formes et des propositions du théâtre militant, à l’époque, en grande partie révolutionnaire. On transforme les pratiques (hiérarchiques, spécialisées), on s’adresse à de nouveaux publics, et on cherche les moyens (théâtraux) pour montrer combien et comment le monde est transformable.
Armand Gatti révolutionne le langage dramatique, Benedetto poursuit la quête d’un théâtre matérialiste, épique, la Troupe Z, la Carmagnole, Al Assifa réinventent l’agit-prop autour de Lip, du Larzac, des luttes féministes ou de sans-papiers. Tous partagent, aussi incomparables soient leurs démarches, peu ou prou la conviction que le théâtre, à l’instar de la littérature définie par Lénine, peut être « une petite vis dans le grand mécanisme de la révolution ».
Aujourd’hui ils sont peu à penser leur travail en ces termes. La situation est brouillée. Massivement, le théâtre dit politique oscille entre un humanitaire encombré de religiosité (centré sur des corps anonymes, déshistoricisés, souffrants) et le « théâtre social » (celui du constat, plus ou moins mortifère, de « ce qui est »). "

Article sur le site du mensuel Regards

Olivier NEVEUX est maître de conférences en arts du spectacle à l’université Marc-Bloch, Strasbourg.
Il est notamment l’auteur de Théâtres en lutte. Le théâtre militant en France des années 1960 à aujourd’hui (La Découverte, 2007).

 

 


-20 avril 2010-



Théâtre / Immigration / Engagement