Imprimer la page

Trop diplômés pour être honnêtes : la hogra des immigrés « en col blanc »

Éditorial de Vincent Geisser et sommaire de la revue Migrations Société n°138, novembre-décembre 2011

Les conséquences directes et indirectes de l’application de la circulaire dite "Guéant" du 31 mai 2011 relative aux diplômés étrangers ont soulevé un véritable tollé dans les milieux académiques et universitaires français, relayé par un certain nombre de personnalités de gauche qui y voient une remise en cause de la "mission éducative universelle" de la France et, à terme, une atteinte à son rayonnement intellectuel dans le monde .
Du côté des premiers concernés, à savoir les étrangers titulaires d’un diplôme français, la circulaire est vécue majoritairement comme une hogra. Car il s’agit bien là d’une forme de hogra, lorsque ces travailleurs en "col blanc" doivent faire face aux traitements vexatoires de l’administration française, leur faisant prendre conscience que, en dépit de leurs titres acquis sur les bancs de l’université ou dans les grandes écoles françaises, ils restent marqués à vie par leur statut d’immigrés, tel un tatouage indélébile. Et les autorités gouvernementales ont beau chercher à rassurer, en rappelant que « la France est très attachée à sa tradition d’accueil des étudiants étrangers qui constitue un élément important de l’attractivité internationale de ses écoles et de ses universités » , la grande majorité des étudiants étrangers désireux de rester en France après l’obtention de leur diplôme doivent affronter un scénario kafkaïen qui les rapproche chaque jour davantage du sort des immigrés économiques, ces travailleurs en "col bleu" qui représentent l’autre face de l’immigration et que tout semblait pourtant séparer des "cols blancs".


 Édito complet en téléchargement

Sommaire de Migrations Société Vol. 23 - n°138 "Quel travail de mémoire(s) pour quelle société ?" en téléchargement


-18 août 2014-



Migrations