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Un monument musical à la mémoire des ancêtres esclaves : le maloya (île de la Réunion)

Benjamin Lagarde, Conserveries mémorielles n°3, 2007

" Afin de désamorcer une histoire douloureuse trop longtemps niée et d’éviter ainsi une augmentation de la fracture sociale, le maloya participe pleinement, en se faisant entendre en des lieux de plus en plus divers – notamment aux oreilles des Zorey –, à la reconnaissance d’un « share fate » c’est-à-dire, des interdépendances entre anciens colonisateurs et colonisés. (...)
Or, à La Réunion ces souvenirs contradictoires cohabitent bien souvent dans un même individu qui a donc le choix de favoriser tel ou tel héritage autant que d’en concilier plusieurs. On peut se demander dans quelle mesure, parmi les descendants d’esclaves, la tendance très moderne d’un retour à une africanité quelque peu mythifiée et en partie débranchée de la réalité, ne va-t-elle pas contre la culture créole elle-même. Rappelons ici que cette dernière n’a jusqu’à présent jamais été un projet des classes populaires, mais une réponse donnée à la hâte par celles-ci à des décisions politiques menées à leur encontre.
Cette radicalisation de la culture ne serait-elle pas alors, comme nous invitait à le concevoir Roger Bastide, le résultat d’une énième manipulation de la société de consommation de masse incorporant le descendant d’esclave ? A cet égard et comme d’autres anciens empires coloniaux, La France a élaboré un mode particulier de gestion des différences culturelles qu’il convient de questionner sans cesse. "

Article en ligne et en téléchargement sur le site de la revue


-10 juillet 2010-



Négritude / Créolisation